23 janvier 2008

THE TEN

Dix sketches inspirés des dix commandements... Un tel sujet pouvait faire de The ten une farandole de n'importe quoi, une virulente comédie anticléricale, ou un gigantesque festival d'humour gras. Perdu : toutes proportions gardées, les meilleurs moments du film de David Wain font penser aux premiers Woody Allen, particulièrement Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (probablement pour la construction en sketches). On nage dans le non sense et le délire jusqu'auboutiste, le film privilégiant des situations délirantes plutôt que des gags bien lourds. Certains segments sont évidemment plus réussis que d'autres, mais c'est le lot de ce genre de projet.
The ten dure à peine une heure et demie, et c'est à la fois une grande qualité et un léger inconvénient. Quand un sketch est raté, il est raté, point final ; mais quand il est réussi, sa courte durée (8-9 minutes en moyenne) empêche de goûter pleinement l'humour et l'esprit des situations proposées. Mais mieux vaut cela qu'un film de trois heures allant consciencieusement au bout de chacune de ses idées pour mieux dégoûter tout le monde.
Parmi les meilleurs morceaux du film, citons Oliver Platt jouant Arnold Schwarzenegger, deux voisins se battent pour avoir le plus grand nombre de scanners, ou encore un film d'animation particulièrement rodant. Quant aux interstices mettant en scène Paul Rudd, ils ne sont pas spécialement drôles, mais l'abattage de l'acteur suffit à opérer des transitions divertissantes à défaut d'être tordantes. Ne risquant pas de sortir en France (beaucoup de gags sont intraduisibles), The ten fera la joie des renards des vidéo-clubs. Amen.

17 janvier 2008

RAMBO

Il ne faut vraiment pas être cynique pour se faire cueillir par ce Rambo plus mièvre que violent. Voilà un quart de siècle que l'on prend en exemple ce John Rambo en en faisant un martyr, une pure victime, un homme blessé par la guerre et de la part duquel on autorise toutes les dérives imaginables. Mais voilà : Rambo n'est autre qu'un gros boeuf sans cervelle qui a certes souffert de son expérience vietnamienne, mais qui est surtout un autiste doublé d'un psychopathe.
Dans ces conditions, dur de trouver un quelconque intérêt au film de Ted Kotcheff : on y voit pendant une centaine de minutes un gros bourrin courir dans la forêt et crier sa haine de l'humanité. Et l'on devrait se prendre de compassion pour lui? Certainement pas. Si Rocky Balboa, autre personnage emblématique interprété par Stallone, est un personnage éternellement attachant (même si son récent come-back a de quoi faire sourire), ce John Rambo-là n'est qu'un être nauséabond, bon à foutre en taule. Il y apprendra peut-être à cesser de s'apitoyer et de prendre le monde pour un champ de tir. Non mais.
2/10