TOUT EST ILLUMINÉ

Première surprise dès l'introduction : Alex, jeune ukrainien malhabile, parle un anglais quasi-parfait, en totale opposition avec ce que raconte le livre (où sa syntaxe improbable est à pisser de rire). Gasp. D'autres déconvenues arrivent juste après, et l'on se dit que non, Tout est illuminé ne peut décidément pas être vu comme une adaptation du livre de JSF. Alors hop, métamorphose, lavage de cerveau, et l'on tente d'oublier le bouquin en quelques secondes. Et là, ça fonctionne. Car Schreiber offre une mise en scène très inventive et une direction d'acteurs inspirée, avec un Elijah Wood méconnaissable en écrivain tardant à enlever le parapluie qu'il a dans l'urêtre.
Le film joue surtout sur la corde sensible, mais le fait avec une telle délicatesse qu'on ne peut finalement qu'adhérer au propos. D'autant que Schreiber s'attarde juste comme il faut sur le devoir de mémoire pour que ce soit édifiant sans être complaisant. Ça donne envie de (re)lire le roman, l'un des trucs les plus géniaux que le vingt-et-unième siècle ait produit. Sans vraiment lui rendre justice, mais sans le trahir non plus, le film de Liev Schreiber est un joli voyage à la poséie contenue, qui en fera larmoyer plus d'un.
7/10
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