25 avril 2006

ASSASSIN(S)

Toute société a les crimes qu'elle mérite. La tagline de l'affiche d'Assassin(s) annonce la couleur : si l'histoire lorgne vers le polar et le drame, il y a également un bon gros message socio-politique qui vous y attend. C'est là le gros défaut du film : comme si raconter une simple histoire était indigne d'un bon cinéaste, Mathieu Kassovitz et son compère Nicolas Boukhrief ont cru bon d'y ajouter une morale lourde et caricaturale. Pourtant, la matière première du scénario se suffisait à elle-même. Le film raconte comment un vieux tueur à gages transmet son savoir à un jeune blanc-bec pas très sûr de savoir où il met les pieds. C'est du beau et du bon cinéma, avec des moments violents et intenses, et une mise en scène inspirée comme sait le faire Kasso quand il aime son sujet. Seulement voilà : à mesure que les bobines se déroulent, à force de voir des gros plans sur télés allumées dans chaque scène, on comprend que Kassovitz veut nous dire que la télé, c'est mal, et que toutes ces images de meurtres banalisent la violence qui s'installe dans notre-société-qu'elle-a-que-des-problèmes. Et ce n'est pas une scène, mais dix, qui viennent marteler ce message dans nos petits crânes. Résultat : on se sent légèrement pris pour un con, et en plus, Kassovitz oublie de raconter son histoire. C'est bien dommage : le duo qu'il forme avec Michel Serrault était pile dans le ton, et il y a des scènes qui font baver d'envie.
5/10

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