LOLITA

Le résultat est plus moral que le roman, mais immédiatement moins transcendant ; pourtant, Kubrick a su créer une fois de plus un univers personnel, une sorte de banquise bourgeoise dont la température négative fait exploser les carcans de la famille et du savoir-vivre. Il laisse Peter Sellers en roue libre dans une prestation digne de Docteur Folamour, transformant ainsi Lolita en un objet curieux, passionnant de bout en bout mais dont on se sait trop quoi faire. Comme si le passage du papier à l'image ne pouvait qu'affaiblir le sujet...
On peut aussi voir Lolita complètement différemment en épousant le point de vue de David Lynch (qui, décidément, ne fait jamais rien comme les autres). En effet, si l'on compare le flash-forward du début et la même scène que l'on retrouve à la fin, on s'aperçoit à l'évidence que deux plans qui auraient dû être strictement identiques comportent quelques diférences substantielles (quelques bouteilles ont changé de position, notamment). Cela ouvre une porte à des interprétations aussi diverses que fantaisistes. Quoi qu'il en soit, quel que soit le regard qu'on lui porte, Lolita est un film passionnant, à défaut d'être un chef d'oeuvre de plus dans la filmographie kubrickienne.
8/10
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